VISAGES DÉFENDUS

 

Ces portraits ont été réalisés pour le film Visages défendus.

Ils y figurent dans le cours du film ou au générique.

Certains sont les personnages du film ; les autres, rencontrés dans des foyers, éducateurs ou résidents.

Des visages qui révèlent tous une égale humanité et une égale beauté pour peu qu’on leur accorde notre attention.

Reconnaisse leur singularité, qu’on les regarde.

Visages défendus, 66mn, 2015

Candela productions

 

LES CUISINES DU FOYER

Ces portraits ont été réalisés dans le Foyer de Travailleurs Migrants de la rue de la Procession alors en cours de réhabilitation.

Les résidents ont posé dans des studios de prise de vue improvisés dans les cuisines communes du foyer. C’était les derniers instants de ces lieux collectifs qui avec la réhabilitation du foyer en résidence sociale, allaient disparaître au profit d’un mode de vie plus individuel, celui de la résidence sociale. De nombreux résidents s’étaient battus pour conserver les espaces de vie collectifs.

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Projet mené sur une année, en collaboration avec

Mara Canobbio pour l’association Contrechamp.

Exposition Angle d’art, Bagnolet, Février 2018

VUE SUR LES TOURS

 

Par le jeu de la perspective la centrale apparaît par les portes, par les fenêtres. Elle se profile au fond du jardin, surgit entre deux bâtiments ou derrière les arbres.

- "I l y a des voisins qui ont toujours la valise sous le lit ! Mais si il y a un problème, on est les premiers à sauter, ce n’est pas la peine de courir..."

- "C’est la maison de ma famille qui est là depuis des siècles. Avant, à la place de la centrale, de l’autre coté de la Loire, il y avait une ferme. On voyait les vaches qui venaient boire à la Loire."

- " Une fois par an, on reçoit un bon pour aller chercher des cachets d’iodes à la pharmacie. C’est gratuit. Les anciens les ont, quant aux jeunes, je crois qu’on a assez de recul pour se dire que ce n’est pas un petit cachet qui va éviter l’accident.
Ma grand-mère les gardait, méticuleusement rangés dans un tiroir."

- " J'étais au conseil municipal au moment de la construction. Un soir, une dame s’est adressée au maire et lui a dit : Il parait qu’on va construire une centrale en face. Personne ne savait rien, pas plus le maire que nous.
Il a téléphoné au préfet qui lui a dit : je vais vous envoyer des gens compétents. Les gens d’EDF nous on invité au restaurant et à la fin du repas, ils ont étalé le plan de la centrale sur la table. Le plan était fini, avec le pont, tout."

SYSTÈME P.

 

Ces photographies sont le fruit des ateliers mis en place pendant deux ans, dans six établissements pénitentiaires.

ce travail aborde l’univers pénitentiaire sous l’angle de la culture de survie qui s’y développe, il s’est intéressé aux objets usuels bricolés en cellule par les personnes incarcérées.
Fabriqués dans l’urgence de besoins vitaux ou simplement pour améliorer l’ordinaire, ces objets ont été le support des rencontres et des entretiens qui ont donné naissance à un livre et à une exposition.

 

Dans ce milieu hostile et marqué par une pénurie généralisée, tout est récupéré, chaque emballage désossé, décortiqué, optimisé. Les objets et les matériaux disponibles sont détournés de leur fonction initiale pour remplacer ceux qui font défaut.

Ingéniosité et invention se substituent aux réflexes de consommation afin d’organiser la survie et deviennent actes de revendication sociale en réponse au dénuement de règle dans les établissements pénitentiaires.

L’ambition de ce travail est de projeter vers l’extérieur de nouvelles représentations de l’univers pénitentiaire et des personnes incarcérées.  Les qualités humaines mises en œuvre dans leur réalisation permettent de considérer leurs auteurs non pas comme des détenus mais simplement comme des individus.

Livre aux Editions Alternatives  2002

Expositions

 

VIES A VIES

Vies à Vies est le résultat d’un travail photographique mené au quartier femmes de la maison d’arrêt de Rouen, dans le cadre de l’atelier de pratique théâtrale d’Alix de Morant.

Dans une démarche d’échange entre la ville et la prison, elle a proposé aux participantes de travailler sur des parcours de vie livrés par des femmes étrangères au milieu carcéral. Ces récits ont donné naissance au matériau théâtral.

La démarche a pris tout son sens lors des rencontres entre les femmes incarcérées et les femmes invitées.
 

En clôture de l’atelier, trois représentations ont eu lieu dans la chapelle désaffectée de la prison pour les détenus et une centaine de spectateurs.

 

Le travail photographique a accompagné l’atelier et affirmé la photographie comme espace d’expression. Elles se sont toutes prêtées au jeu du portrait, même si pour les femmes incarcérées il était à la fois complexe et douloureux de se mettre en scène dans les 9m2 de la cellule.

Il règne dans l’univers clos de la prison, une pénurie d’images qui n’est en rien comblée par le flux d’images formatées diffusées par la télévision.
Les personnes incarcérées sont en mal d’images, et de leur propre représentation.

 

Edition livret d’exposition.

NOCES DE PAPIER

 

"Photographe recherche femmes ayant conservé leur robe de mariée pour portait noir et blanc."

Trente femmes ont répondu à cet appel lancé dans un magazine.
Elles ont exhumé leur robe de mariée du placard ou elle jaunissait, soigneusement pliée depuis 30, 35, 40 ans ou plus.
La plupart ne l’avait jamais réessayée. Certaines même, ne l’avait jamais ressortie de son carton.
Ce geste a été pour toutes, l’occasion de se pencher sur les années écoulées. Elles se sont glissées dans leur robe comme dans leurs souvenirs, avec plus ou moins de facilité et de bonheur.

La robe est le relais entre la jeune mariée qui la porta un jour et la femme qu’elle est devenue plusieurs décennies plus tard.
Porteuse des rêves et des espoirs des années de jeunesse. Une journée particulière qui pour toutes, inaugurait une nouvelle vie.

Livre aux Editions Alternatives 1997

Exposition Galerie Le Lieu, Lorient

Exposition disponible à la location